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Pontoise cité filmée transparent

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Pontoise cité filmée

Pontoise cité filmée
Article publié le mardi 28 avril 2020 à 08h30
Au début des années cinquante, la crise des studios, alliée à une évolution technique du matériel cinématographique, incitent les productions à privilégier les tournages en décor naturel. Ce phénomène s'accentue avec la Nouvelle Vague qui s'oppose, dans un souci d'esthétique, aux décors de carton pâte.

Ainsi, en 1955, Pontoise accueille son premier tournage. C'est Toute la ville accuse, film de Claude Boissol, avec Jean Marais. Celui-ci est emmené de force au jardin de la ville, devant le kiosque à musique, par des brigands qui en veulent à sa fortune. Quatre ans plus tard, l'équipe de La Verte moisson investit la ville pendant plus de trois semaines. L'histoire de jeunes lycéens résistants qui organisent une rébellion contre l'occupant allemand, lors de la seconde guerre mondiale, touche particulièrement les habitants qui ont vécu une expérience similaire – bien réelle cette fois – avec l'arrestation de Jean-Claude Chabanne et ses amis Cadets de France.

La Fiancée du pirate (Nelly Kaplan, 1969), tourné rue Thiers, devant l'ancien grand magasin de jouets, PROFS (Patrick Schulmann, 1985) filmé sur la place des Moineaux ou La Gitane (Philippe de Broca, 1986), presque intégralement réalisé dans le centre ville, suivent et véhiculent une image unique de Pontoise, ville tranquille de province.

Plus tard, c'est la place de la Harengerie qui devient une véritable star de cinéma. Parce que Paris se transforme et qu'il est souvent difficile de fermer complètement ses rues, les metteurs en scène se tournent vers cette place qui rappelle le Montmartre d'avant guerre. Et ceci, à moins de cinquante kilomètres de Paris, distance au-delà de laquelle les producteurs doivent payer des frais d'hébergement et de défraiements. Films et téléfilms se succèdent donc à un rythme endiablé, des Allumettes suédoises (Jacques Ertaud, 1996) à Monsieur N (Antoine de Caunes, 2003), d'Un long dimanche de fiançailles (Jean-Pierre Jeunet, 2004) au Triporteur de Belleville (Stéphane Kurc, 2005). En août 2006, la BBC y réalise de nombreuses scènes d'un téléfilm en trois parties consacré aux Impressionnistes, et reconstruit pour l'occasion le mythique café Guerbois.

La Môme (Olivier Dahan, 2007) et Faubourg 36 (Christophe Barratier, 2008) sont les deux dernières grosses productions à s'être installées sur la place de la Harengerie.

Plus récemment, Pontoise est devenue Lourdes pour Tout le monde debout ou Versailles pour Le Lion, avec Dany Boon.

Avec plus d'une centaine de films, tous genres confondus, le cinéma à Pontoise méritait bien un hommage. La ville a donc décidé de le mettre sous les projecteurs en créant le slogan « Pontoise cité filmée » et prouvé que le septième art fait partie intégrante de l'histoire de la ville. Une aubaine pour cette cité labellisée Ville d'art et d'histoire.
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